Le traumatisme complexe résulte de violences répétées, prolongées ou survenant dans des relations où il était impossible de se protéger ou de fuir, comme les violences sexuelles, les violences conjugales, les maltraitances durant l’enfance ou les situations d’emprise.
À la différence d’un traumatisme lié à un événement unique, il s’inscrit dans la durée et transforme profondément le fonctionnement psychique, corporel et relationnel de la personne.
La Classification internationale des maladies (CIM-11) de l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît aujourd’hui le traumatisme complexe comme une forme spécifique de trouble de stress post-traumatique, caractérisée par des difficultés persistantes de régulation émotionnelle, une altération de l’image de soi et des difficultés relationnelles.
Le traumatisme complexe modifie durablement la manière dont une personne perçoit son corps, ses émotions, les autres et le monde.
Il peut notamment se manifester par :
une hypervigilance permanente ;
des difficultés à réguler les émotions ;
des phénomènes dissociatifs ou un sentiment d’être coupée de soi-même ;
des états de figement ou d’effondrement ;
des troubles du sommeil et de la concentration ;
une perte de confiance en soi et dans les autres ;
des difficultés à poser des limites ou à se sentir en sécurité dans les relations ;
une altération du sentiment d’identité.
Le traumatisme complexe ne s’inscrit pas seulement dans les souvenirs : il modifie également le fonctionnement du système nerveux, les réactions corporelles et les mécanismes d’attachement. Certaines expériences traumatiques demeurent ainsi principalement enregistrées sous forme de sensations corporelles, de réactions physiologiques ou de réponses automatiques qui échappent largement au langage.
C’est pourquoi de nombreux chercheurs soulignent aujourd’hui l’importance d’associer les approches psychothérapeutiques à des interventions corporelles permettant de restaurer progressivement un sentiment de sécurité.
Selon Judith Herman, le processus de reconstruction repose sur trois grandes étapes :
Restaurer la sécurité : retrouver un sentiment de sécurité dans son corps, dans ses relations et dans son environnement.
Reconstruire le récit traumatique : mettre progressivement en sens les expériences vécues afin de les intégrer dans une histoire de vie cohérente.
Retrouver une place dans la relation et dans la société : développer de nouveaux liens, retrouver sa capacité d’agir et reconstruire une identité qui ne soit plus définie par les violences.
C’est autour de ces trois dimensions qu’a été conçu le parcours thérapeutique Orphéos.